L’ORIGINE DU NOM COLCA

Origen del Nombre del Colca
Origen del Nombre del Colca

Guaman Poma, le chroniquer indigène, dans son œuvre Nouvelle Chronique et Bon Gouvernent, montre une gravure très éloquente, qui a pour titre DEPOCITO DEL INGA COLLCA (Dépôt de l’Inca Collca), où l’on observe un ensemble de dépôts, qui servaient de magasins pour les aliments, laines, cotons, vêtements, et d’autres produits comme des outils ou des armes, des articles qui servaient de réserve pour compléter les nécessités de la population, ou pour supporter les sécheresses, guerres, sinistres ou autres calamités. La gravure illustre aussi  l’administrateur, ou ‘’quipucamayocc’’, qui rendait les comptes à l’Inca grâce à la lecture du quipu, instrument qui servait pour la comptabilité.

Les collcas étaient des dépôts édifiés pour conserver aliments et objets divers. Ils se trouvaient distribués sur tout le territoire du Tahuantinsuyo. C’étaient des rangées d’édifices en pierre, généralement situés sur les pentes des montagnes, dans des endroits frais, hauts et naturellement ventilés ; ils avaient l’aspect de petites tours et furent édifiées en rangées et séparés pour éviter les incendies.

Quelques endroits où on peut encore trouver les restes de structures de colcas sont : Huanuco Pampa (Huanuco), Cajamarquilla dans la vallée du Rimac, Raqchi dans la région de Cusco, le sanctuaire de Pachacamac (sud de Lima) et bien sûr tout au long des villages de la vallée et du canyon du Colca.  

Précisément, les villages quechuas situés sur les contreforts de la vallée et du canyon du Colca, surgirent comme une synthèse d’anciennes coutumes et traditions de peuples andins. Les cultures précédentes comme les Tiahuanacos et les Huaris servirent de modèle ; les Tihuanacos avec leur mythologie et leur architecture monumentale ; les Huaris avec leur organisation politique centralisée, la conquête militaire, le pouvoir, l’usage du motif trapézoïdal, l’emploi des terrasses.

Pendant l’administration inca l’activité agricole des villages du Colca était particulièrement prospère. De grands dépôts ou magasins furent construits, pour la conservation du maïs et de poissons et de viande séchée (charqui), ainsi que de produits manufacturés comme des armes, des vêtements, ainsi que des fruits secs, entre autres produits qui pouvaient être utilisés en époques de pénuries, guerres ou sécheresses. En conséquence, avec sureté et justice, le nom de la vallée et du canyon du Colca vient du fait que le Colca était le garde-manger des peuples andins.

De nos jours, ces peuples sont reconnus pour être une nation agricole, qui maintient les plus grands et plus anciens réseaux de terrasses en production. Par exemple, à Cabanaconde on cultive le maïs Cabanita, apprécié pour sa douceur, et sa valeur nutritive. Dans l’antiquité des troupeaux de lamas venaient de Puno et Cusco pour pratiquer le troc, ils échangeaient de la viande séchée, du chuño (pomme de terre déshydratée), laine et céramique contre du maïs cabanita.

Par Walter Tinta